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Littérature jeunesse : Benazir Ali Abbas nouvelle auteure

Du livre on dit bien de choses. En plus du plaisir qu’il procure, le livre permet de lutter contre l’illettrisme, d’accompagner l’enfant dans son développement global. Benazir Ali Abbas auteure de livre jeunesse  est bien de cet avis. Nous l’avons rencontrée pendant le salon du livre jeunesse et de la BD (SALIJEY 2023). Un salon qui a eu lieu au monument de la réunification à Yaoundé. Elle a bien voulu nous accorder son attention.

Benazir Ali Abbas et les tous petits dans les jardins du Monument de la Réunification à Yaoundé. Crédit : Adelaïde Fouebou

La passion pour la littérature

Bonjour Benazir Ali Abbas, et merci de nous accorder un peu de votre temps. Pouvez-vous nous dire comment vous êtes arrivé à la littérature ?

Bonjour (sourire), c’est moi qui devrais vous remercier de l’intérêt que vous portez à ma modeste personne. Je suis arrivée à la littérature jeunesse par passion. Parce que, au-delà de l’aspect littérature qui me plait il y a aussi l’aspect imaginaire qui pour moi est très important. J’ai toujours eu le désir d’imaginer des histoires à raconter aux enfants.

Vous venez du Tchad, et vous êtes auteur d’un livre intitulé « Haoua et les trésors du village ». Comment s’est fait le contact avec les organisateurs du SALIJEY ?

La rencontre avec les organisateurs du SALIJEY n’a pas été très compliquée, étant donné que ma maison d’édition Akoma Mba fait partie des organisateurs de ce salon. Mon livre est édité par cette maison d’édition Camerounaise.

Vous venez du Tchad, et vous êtes éditée au Cameroun. Par quel moyen avez-vous envoyé votre manuscrit ?

Par internet (Sourire). Vous savez, nous sommes à l’heure des nouvelles technologies de la communication.

Première dédicace

Vous êtes à votre premier livre, et c’est votre première participation à un salon. Qu’est-ce que tout cela représente pour vous ?

Du bonheur puisque pour moi c’est un évènement spécial. Car je viens éclore au Cameroun. Et c’est à travers ce livre et  le SALIJEY  que je me révèle au grand public. Ici, je vais faire ma toute première dédicace. Ce sont des choses que je ne suis pas prête à oublier.

Vous travaillez dans l’audit et le conseil. Et, vous écrivez les livres jeunesse. Comment s’effectue cette transition, quitter les chiffres et les rapports pour chuter dans le monde des tous petits ?

Pour moi ce n’est pas très compliqué, parce que j’aime ce que je fais. J’aime imaginer des histoires pour les enfants, j’aime leur parler.

Et selon vous, on ne peut parler aux enfants qu’en imaginant des histoires et, à les leurs raconter à travers des livres ?

Les techniques d’apprentissage

Pas seulement, on peut leur parler sans aucun doute autrement. Mais pour moi, le livre est d’abord un instrument pédagogique. Les enfants y reçoivent bien de messages. Certes, c’est aussi un outil d’épanouissement, de divertissement et d’évasion. Mais, au-delà de l’aspect ludique, il y a aussi les aspects techniques tels l’apprentissage  de l’orthographe, de la grammaire, du vocabulaire.

Au regard de tous ces aspects, on peut penser que vous mettez plus l’accent sur le volet éducatif. Le projet a été murement pensé on peut le dire.

On peut le dire oui étant donné qu’à la base, c’est écrire une histoire. Mais pas que cela. Les enfants ont aussi besoin de s’enrichir l’esprit. Il faut les habituer très tôt à la lecture instructive. Voilà pourquoi il faut un contenu certes, mais une manière de le raconter. Cela prend du temps.

Les enfants très actifs pendant SALIJEY 2023. Crédit : Adelaïde Fouebou

Des histoires instructives à tous les enfants

Parlant du contenu, nous avons là votre livre intitulé « Haoua et les trésors du village ». Qu’est sera-t-il de demain, « Haoua à la découverte de la ville » ? Haoua pourra-t-elle aller en ville au grand bonheur des petits citadins ?

(Sourire) Mon livre ne s’adresse pas qu’aux enfants vivant en campagne. On peut le lire, où qu’on soit. A la base, je voudrais raconter des histoires instructives aux enfants où qu’ils soient. Parce qu’on apprend beaucoup en lisant.

Vous n’êtes donc pas focus à un point de la terre, vous n’avez pas un lectorat cible ?

Pas à proprement parlé parce que le livre permet les découvertes. Au Cameroun tout comme dans d’autres pays que le Tchad, les enfants peuvent lire ce livre. C’est une histoire. On n’a pas toujours besoin de vivre dans un endroit pour connaitre ce qui s’y passe. C’est aussi cela la culture, il faut être cultivé.

Au final, Haoua aura-t-elle une suite?

(Sourire) On ne peut pas le dire tout de suite puisque les personnages des livres ressemblent aussi à ceux de la vie courante. Ils peuvent varier parce qu’ils ont des vies différentes les uns les autres. Alors le plus importants, ce sont les valeurs à véhiculer telles la tolérance, le pardon, la générosité et autres.

Alors selon vous, le livre jeunesse doit aussi avoir un côté éducatif assez accentué ?

C’est cela parce que pour moi c’est très important pour le développement d’un enfant.

Alors, à quand le prochain livre Benazir?

Lorsqu’il sera prêt vous le saurez.

Benazir Ali Abbas merci et bonne continuation.

Merci pour l’honneur que vous me faites.

Propos recueillis par Adelaïde Fouejeu Fouebou


Ulrich Talla Wamba, acteur du livre jeunesse en Afrique

Quelques auteurs de la maison d’éditions jeunesse Akoma Mbah, maison dirigée par Ulrich Talla Wamba. Crédit : Adelaïde Fouebou.

Nous avons rencontré Ulrich Talla Wamba, un acteur de la littérature jeunesse en Afrique. Précisons qu’Ulrich Talla Wamba est Auteur, et Directeur de Maison d’Éditions Jeunesse depuis 2019. On entend aussi régulièrement sa voix sur les antennes de RFI car il y tient une chronique littéraire. Il a bien accepté de répondre à nos questions dans les jardins du Monument de la Réunification à Yaoundé. Les lieux ayant abrité  du 13 au 16 Décembre dernier un évènement remarquable : « le Salon International du Livre Jeunesse et de la Bande Dessinée de Yaoundé (SALIJEY) ».

Ulrich Talla Wamba au SALIJEY ( Monument de la réunification à Yaoundé). Crédit : Adelaïde Fouebou

Bonjour Ulrich Talla Wamba

Ulrich Talla Wamba tout souriant : Bonjour

On vous voit régulièrement dans des salons du livre jeunesse, aussi bien en Afrique qu’en Europe puisque vous êtes auteur et éditeur. Tout récemment vous étiez à Montreuil. Et, vous êtes l’un des acteurs principaux de l’organisation de cet évènement. Dites-nous comment est né ce projet

Le projet est né il y a trois ans, et a véritablement prit corps depuis deux ans. Nous sommes à notre deuxième édition, la toute première a eu lieu l’an passé.

Ce jardin est certes bondé de monde. Nous avons ici des auteurs, des enfants et des adultes. Mais qu’en sera-t-il après, quand on sait que les bibliothèques ne sont pas très nombreuses en Afrique. Au Cameroun par exemple, on parle d’une bibliothèque pour 406779 habitants. Malgré tout vous organisez un tel salon, quel est l’objectif du SALIJEY ?

L’objectif principal c’est de participer justement à la construction d’une industrie du livre jeunesse en Afrique. Nous faisons participer les auteurs pas seulement du Cameroun, mais aussi ceux de la sous-région. L’an dernier nous avons eu dix pays. Cette année nous avons doublé la mise, cela contribuera sans doute à faire bouger les lignes.

Comment parviendrez vous à faire bouger les lignes, quand on sait que la lecture n’est pas toujours un fait culturel de masse en Afrique. Les statistiques disent que 92% des enfants qui achèvent leur cycle primaire ne savent pas vraiment lire ou écrire. Avec cela, quels avantages tire-t-on à réunir autant d’auteurs ?

Les avantages sont nombreux. Il y a la découverte, et aussi l’accès au livre. L’objectif de ce salon c’est aussi d’encourager la lecture  auprès des tout petits. Nous avons ici plein d’enfants, et des livres à leur disposition. Il vont se familiariser aux livres, et lire va rentrer dans leurs habitudes. Et ce sera déjà quelque chose de gagner. Il faut aussi noter qu’ils ne viennent pas que pour lire, mais aussi pour faire autre chose.

Lorsque vous parlez d’autres choses, il s’agit de quoi ?

Il s’agit de tout ce qui est en rapport avec les activités ludiques et éducatives. Pour nous, c’est très important d’allier les deux, afin de susciter un intérêt particulier pour l’art et la culture, pour les livres.

Les enfants se prêtant aux jeux des questions réponses dans les jardins du monument de la réunification à Yaoundé. Crédit : Adelaïde Fouebou

Vos principaux invités sont des auteurs ou des représentants des maisons d’éditions ?

Nous invitons tous les acteurs de la chaine du livre c’est-à-dire les auteurs, les éditeurs, les imprimeurs, les diffuseurs, les distributeurs. Bref, chaque maillon de la chaine est pour nous un élément essentiel.

Parlons à présent du programme. Lorsque nous lisons ce programme du SALIJEY 2023, nous constatons qu’il a été savamment pensé. Et, les intervenants viennent effectivement de plusieurs pays.

Tout à fait (Sourire). Nous consacrons des journées aux différents acteurs de la chaine du livre. La première journée est consacrée au Pr. Charles Binam Bikoi, auteur de livre jeunesse connu au Cameroun et à l’étranger.

Et vous avez aussi fait un clin d’œil aux acteurs de la bande dessinée. Il faut dire que la bande dessinée fait de plus en plus parler d’elle dans des festivals et salons en Afrique.On en parle au Sénégal, en Côte-d’ivoire, au Congo et même en Afrique du Sud.

Absolument, nous rendons hommage pas à une personne le deuxième jour, mais à un évènement : Le festival Mboa BD qui a célébré cette année sa quatorzième édition. Ça ne peut pas passer inaperçu. Il faut encourager ce genre d’initiative aussi au Cameroun, autant qu’on le fait ailleurs.

Un illustrateur Africain. (Crédit : Wikimédia Commons)

Et ce n’est pas tout, il y a d’autres journées puisque le SALIJEY va du 13 au 16 Décembre. Vous faites la part belle aux femmes.

Ce n’est pas tout. Vous savez les femmes sont très créatives. Et nous avons tenu à leurs rendre hommage. C’est ainsi que nous avons la troisième journée dédiée à Beatrice Lalinon Gdado parce que c’est une auteure béninoise très prolifique qui a publiée plus de quarante livres. Il faut encourager cela. Elle est également très présente dans des salons du livre jeunesse à travers le monde. C’est à féliciter.

Et la quatrième journée est un hommage à Pascale Siew. Pascale est une auteure de l’Île Maurice qui œuvre depuis trente ans dans la vulgarisation de la lecture là-bas dans les Îles. Elle dirige les éditions VIZAVI créées en 1993. Nous n’oublions pas Benasir Ali Abbas qui est à son premier ouvrage, nous vient du Tchad, et qui va passer plusieurs jours avec nous.

Beatrice Lalinon Gdado au salon du livre de Genève. (Crédit : Wikimédia Commons)

Vous avez donc une vision véritablement internationale ?

Effectivement, nous avons aussi des intervenants venus de France. Précisons que cette édition est soutenue par l’institut Français de Paris. C’est dire à quel point nous sommes déterminés à travailler avec les acteurs de plusieurs pays.

Comment parvenez-vous à fédérer tous ces acteurs et auteurs ? Des acteurs des autres pays Africains, ceux d’Europe et peut-être aussi ceux venant d’Amérique ?

(Sourire) Tout simplement en s’intéressant à ce qu’ils font. Nous voulons aussi associer les autres. Construire ensemble et partager. Car,nous allons aussi à des salons du livre en Afrique et en Europe, question de voir ce qu’ils font en bien et, reproduire cela à notre tour.

Revenons à vous. Vous êtes auteur de quatre livres jeunesse, Directeur d’une maison d’édition jeunesse et Directeur de l’OAPE AFRICA. Comment parvenez-vous à gérer tout cela ?

Je reconnais que ce sont de grandes responsabilités, mais il faut savoir s’organiser. Et aussi, lorsqu’on a de bons collaborateurs, tout se passe bien.

A quand votre prochain livre ?

Probablement l’année prochaine

Ulrich Talla Wamba nous vous remercions de nous avoir prêté votre oreille, et vous souhaitons bonne continuation.

C’est moi qui vous remercie. Bonne continuation à vous également.

Propos recueillis par Adelaïde Fouejeu Fouebou


Afrique : ces maisons d’éditions qui prennent de l’envol

L’habitude que nous avons eue à arpenter les jardins du Musée National de Yaoundé nous a amenés à découvrir un évènement que nous ne connaissions pas. Il s’agit de « La semaine des fous du livre ». Placée sous le parrainage du Ministre des Arts et de la Culture, l’évènement était à sa quatrième édition cette année. C’est ainsi que du 06 au 09 Décembre 2023, nous avons eu l’occasion de découvrir les maisons d’éditions camerounaises. Surtout, de constater leurs lecteurs ne sont pas seulement les Camerounais, mais aussi les citoyens vivants dans d’autres pays.

Hemley Boum, partie du Cameroun pour la France. Elle fait désormais partie des Écrivains Africains connus dans plusieurs continents. Crédit : Wikimedia Commons

Combien de stands avons-nous parcourus durant cette semaine des fous du livre ? Quatre, cinq peut-être, plusieurs en sommes. Tellement ces maisons d’éditions étaient nombreuses et riches en productions littéraires. Et la plupart éditent des œuvres de genre différents. Elles comportent donc plusieurs collections. Elles produisent tous les styles, du roman à la poésie, en passant par l’essai et le théâtre. Le livre jeunesse n’étant pas en reste, elles n’ont pas toutes le même âge ces maisons d’éditions.

Une multitude de maisons d’éditions

Les Éditions de Midi au musée National à Yaoundé. Crédit : Adelaïde Fouebou

Certaines n’existent que depuis trois ans seulement. C’est le cas des Éditions de Midi. D’autres encore existent depuis plus d’une dizaine d’années. Nous pouvons citer les Éditions Belles Lettres par exemple. « N’allez pas la confondre aux Éditions Belles Lettres de France. Il s’agit bien des Éditions Belles Lettres du Cameroun », précise Daniel Mbezele, représentant de la maison d’édition en cette occasion.

Cette maison d’édition n’est pas la seule à avoir plus de dix ans d’âge et présente à ce salon. Nous avons également vu les Éditions Dinimber et Larimber, une maison d’éditions créée en 2012. Cela nous a amenés à nous poser la question : elles sont si nombreuses c’est une bonne chose, mais sont-elles autant prolifiques ?

Les avis, bien que mitigés, porte à croire que oui, elles le sont.

La production

Daniel Mbezele pour le compte des Éditions Belles Lettres du Cameroun (Musée National Yaoundé). Crédit : Adelaïde Fouebou

Les Éditions de Midi en trois ans d’existence seulement, ont à leur compteur 240 publications. Nous tenons l’information de Charles Djapo son représentant à ce salon. Par contre, d’autres maisons d’éditions plus anciennes ne sont qu’à peine à 100 publications chacune. Alors les questions qui se posent sont les suivantes : les plus récentes sont-elles plus connues que les anciennes et par conséquent plus sollicitées ? Les anciennes sont-elles plus sélectives que les nouvelles, ce qui justifierait leurs publications peu nombreuses ?

Le point commun

Au Musée National de Yaoundé, Marie Solange pour le compte des Editions Dinimber et Larimber. Crédit : Adelaïde Fouebou

Ces questions sur la popularité ou l’exigence du choix des maisons d’éditions restent posées. Seulement, ces maisons d’éditions ont un point commun. Elles proposent les mêmes types de contrats à savoir :

  • Les contrats à compte d’auteurs
  • Les contrats participatifs
  • Les contrats à compte d’éditeurs

S’il est vrai que les contrats à compte d’éditeurs sont proposés aux auteurs dont les livres sont jugés à priori comme étant des chefs d’œuvres, il est également vrai que certains auteurs, contre la volonté de leurs éditeurs, choisissent le contrat à compte d’auteur. Dans le but de mieux contrôler selon eux, la production et la distribution de leurs œuvres, aussi bien au Cameroun qu’à l’étranger.

Hormis ce fait, les maisons d’éditions camerounaises sont en partenariat avec plusieurs librairies et bibliothèques aussi bien au Cameroun qu’à l’étranger.

Les livres au Cameroun et à l’international

Déjà au Cameroun, la librairie des Peuples Noirs est la plus célèbre. Puis suivent les librairies Saint Paul, Clés équinoxe et bien d’autres librairies à Douala. Et le réseau est bien plus étendu. On retrouve également les livres des auteurs camerounais dans les supermarchés tel que Carrefour (sans publicité) qui possède un grand rayon librairie. Cette grande plateforme représente déjà l’international d’une certaine manière mais ce n’est pas tout !

Ils sont bel et bien disponibles à l’internationale, les livres des auteur(e)s camerounais(es), africains. Marie Solange, de Dinimber et Larimber, nous l’a confié :

« Nos livres sont également disponibles à la bibliothèque du Congrès aux États-Unis. »

Cela parait être une grande première. Quand on sait que nos librairies et bibliothèques se ravitaillent beaucoup à l’étranger, on peut se réjouir du fait que l’étranger commande des produits purement camerounais, des produits africains tout simplement.

Nous ne pouvons qu’encourager ces maisons d’éditions d’aller de l’avant.


SALAFEY 2023 acte 2 : Des activités ludiques et éducatives

Crédit : Wikimédia Commons

Le Salon du Livre Africain pour Enfants de Yaoundé a ouvert ses portes le 30 Novembre 2023. Il les a refermées le 02 Décembre 2023. L’évènement s’est déroulé à l’esplanade du au Musée National. Au-delà de la lecture, les propositions de Jeux Éducatifs  et Activités Ludiques étaient au rendez-vous.  Il nous a été proposé une panoplie de jeux.

Des Activités riches et variées

la représentativité du Centre Junior. (Crédit: Adelaïde Fouebou)

La lecture n’est pas la seule activité proposée par ceux qui encadrent les enfants. Le Centre Junior situé à Odza, un quartier de Yaoundé propose tout autre chose. C’est un vaste terroir d’activités éducatifs et ludiques, selon sa représente au SALAFEY 2023. Au Centre Junior, la petite enfance règne en maître.

Là-bas, il existe une garderie pour enfants âgés de trois mois et plus. On y apprend la lecture et l’écriture. L’idée étant d’implanter la graine de l’habitude à lire chez l’enfant. Il faut également le préciser, on y apprend aussi la musique, non sans les initier à l’utilisation des instruments modernes et traditionnels. C’est ainsi que le Tam-Tam, le Piano et la Guitare se côtoient en longueur de journée. Les arts plastiques ne sont pas en reste. Et, les activités sportives y sont aussi pratiquées.

Le Centre Junior n’accueille pas que les enfants en bas âge.  Il faut souligner qu’une fenêtre, et non des moindres y est ouverte à tous : Il s’agit de la bibliothèque. Disons le, cette bibliothèque est bien connue la preuve :

Le 15 Décembre 2021 Nathalie Amar et Ulrich Talla Wamba en ont parlé sur de RFI dans l’émission « la vie ici « .

Elle accueille  des jeunes, et aussi les adultes. La seule condition, c’est de payer ses frais d’abonnement annuel. Ils s’élèvent à 5000 FCFA.  

La Technologie au service des langues Locales.

Le représentant de SIL Cameroun. (Crédit: Adelaïde Fouebou)

La technologie en langue locale est une idée de SIL Cameroun. SIL Cameroun est une ONG Internationale linguistique, qui travaille avec les communautés locales au Cameroun. Elle œuvre pour le développement des langues maternelles. Et l’un de leurs objectifs c’est la promotion de l’alphabétisation en langues locales. Cela passe bien entendu par la diffusion de certains contenus en langues locales.

Nous avons découvert l’un de ses travaux. Il s’agit de la technologie linguistique qui produit des claviers en langues maternelles. Les services de traduction s’en servent, pour traduire les textes des langues locales en langues officielles qui sont le Français et l’Anglais.

La lecture dans le Triangle National

La représentation de Reading Classroom. (Crédit: Adelaïde Fouebou)

Au SALAFEY 2023, les activités éducatives et la lecture étaient bel et bien au rendez-vous. Et certains encadreurs l’ont souligné :

« nous ne nous limitons pas seulement dans notre zone géographique. Nous étendent nos activités bien au-delà. »

C’est le cas de « Reading Classroom », une association basée à Douala. « Reading Classroom » encadrent les enfants des écoles, des lycées et collèges. Tous les samedis le théâtre et le dessin sont au rendez-vous. A côté de cela elle a une bibliothèque. C’est d’ailleurs sa toute première activité. L’abonnement annuel s’élève à 10 000 F FCA.

Cette association s’est donnée pour mission de faire lire 1000 élève chaque année. Et pour atteindre ses objectifs, un concours de lecture intitulé « Rally de lecture » est organisé chaque année. ce concours concerne les élèves de toute l’étendue du territoire national depuis 2016.

Tous les jeunes des écoles, lycée et collège y sont donc fortement conviés. L’association achète les livres qu’elle distribue dans différents établissements scolaires. Et les meilleurs sont primés. C’est un grand appel à la lecture. « Reading Classroom » a donc ainsi trois principales activités : le théâtre, le dessin et la lecture.

 Les Jeux pour Petits et Grands

Les représentatrices de Afriqu’enjeux. (rédit : Adelaïde Fouebou)

Le jeu éducatif n’est pas seulement une activité pour petits. Les grands ont également le droit de jouer. C’est ce que nous apprend Afriqu’Enjeux. Ils en ont besoin pour leur épanouissement. Ici on joue en apprenant. Le concept AFRIQU’ENJEUX, né de MPouma Banin. Cette initiatrice est camerounaise et vit aux États Unis vient bien le démontrer. MPouma Banin prose des jeux pour petits et grands. Occasion de réunir la famille autour d’une table.

Ce concept va sans doute, ramener la parole au sein de nos familles. On ne verra plus les membres d’une même famille plus concentrés chacun sur son micro-ordinateur ou son Smartphone. Au Cameroun tout comme ailleurs :

  • Nous parlerons moins à travers les texto.
  • Nous ne nous parlerons plus seulement pendant les repas. Car autre chose réunira la famille.

Et ce n’est que de bon augure. On entendra alors de temps en temps des voix dans des maisons, des éclats de rires.

Merci SALAFEY, tu nous a beaucoup édifié.

Notons que SALAFEY 2023 est une initiative de M’WINA Initiatives. Une association littéraire et culturelle basée à Yaoundé.


SALAFEY acte 1 : Le génie au-delà des frontières

Crédit : Wikimédia Commons

Le Salon du Livre Africain pour Enfants de Yaoundé a eu lieu du 30 Novembre au 02 Décembre 2023. Parce que ce n’était pas un évènement de tous les jours, l’esplanade du Musée National de Yaoundé était alors bondée de monde. En cette occasion nous avons découvert que les acteurs du livre pour enfants africains ne vivent pas qu’au Cameroun, ou dans les autres pays   Africains.

En 2014, nous avons eu Miriam Makeba, la reine de la chanson africaine, de Kidi Bebey. De tels initiatives se reproduisent aujourd’hui. C’est la raison pour laquelle le livre pour enfants africains va bien au-delà du continent Africain. Parce que ce sont des initiatives qui permettent la découverte du génie africain au delà des frontières.

Le SALAFEY a été pour nous l’occasion de découvrir cette production importante des livres jeunesse écrits par les africains. Et surtout, de savoir que les éditeurs jeunesse africains  ne sont pas seulement basés en Afrique. Ils sont aussi présents sur d’autres continents. Et c’est avec plaisir que nous avons échangé avec quelques représentants de ces maisons d’éditions qui ont précisons le, des lignes éditoriales variées.

Le représentant des éditions la plume Royale . (Crédit photo : Adelaïde Fouebou)

Les Mots en Langues Locales

Ici une maison d’éditions qui fait la promotion d’une langue locale. « La plume Royale » puisqu’il s’agit d’elle, est représentée au Cameroun par Victoire SAME Designer/Graphiste. Il nous révèle que « La plume Royale » est une maison d’éditions jeunesse basée en Suisse. Elle est tenue de main de fer par une Camerounaise. Cette maison d’édition propose des textes illustrés. des textes permettant aux jeunes public Africain  d’ici et d’ailleurs, d’apprendre la langue Duala.

Parce qu’il faut parvenir à toucher une grande partie de la jeunesse africaine, les livres sont édités en Français et en Anglais. C’est là une originalité. Nous avons ainsi eu au SALAFEY plusieurs autres originalités.

La Délocalisation des Maisons d’Éditions

Le représentant des éditions jeunesse Planète J’aime et sa collègue. (Crédit Photo : Adelaïde Fouebou)

L’une des originalités du Salon du Livre Africain pour Enfants de Yaoundé, a été la présence d’une maison d’éditions Française, et non des moindres !

En effet certaines maisons d’éditions Françaises ont compris le bien fondé de s’installer en Afrique. C’est le cas de « Planète j’aime lire ». « Planète j’aime lire » selon Onana Loukane, est une filiale des Editions Bayard de France, délocalisée en Côte d’Ivoire. Onana Loukane se présente comme distributeur des livres de « Planète j’aime lire » au Cameroun. Et il nous a informé que ces livres sont vendus à la librairie Saint Paul (Sans publicité) ici à Yaoundé. Et il précise bien qu’il s’agit des livres pour enfants de 1 à 13 ans. Des particularités à SALAFEY, nous en avons eu à profusion. Tenez par exemple, certains nous ont parlé des livres jeunesse parlant du Zoo.

A la Découverte du Zoo

Le fondateur de NAVIPROJECTS. (Crédit photo: Adelaïde Fouebou)

L’une des particularités de SALAFEY a été la présence des éditions « Naviprojects » une maison d’éditions jeunesse basée au États Unis. C’est l’initiative d’un Camerounais, qui a pensé qu’on devrait faire découvrir la nature aux enfants. Leurs parler de la flore, de la faune et surtout, des espèces en voie de disparitions tels le Bonobo et l’Okapi. Question d’éduquer les enfants très tôt à la préservation de la nature et des espèces rares. Cette maison d’éditions jeunesse a été mise sur pied en 2020, et compte à son actif deux ouvrages. Le troisième étant en cours.

Certes, il y a eu ces ces maisons d’éditions basées à l’étranger. Mais nous n’avons pas fait oublié la production locale.

Adinkra, Une Maison d’Éditions Présente sur Internet

Lionel et Arielle Sape pour les éditions Adinkra. (Crédit photo : Adelaïde Fouebou)

Les maisons d’éditions locales étaient elles aussi présentes au SALAFEY 2023. Parmi elles les Éditions Adinkra. Nous y avons fait un tour parce que cette maison d’éditions jeunesse est l’une les plus présentes ces dernières années,  lors des évènements relatifs au livre jeunesse. Et nous l’avons constaté Adinkra a gravi bien des échelons. Elle est consultable en ligne. Et ce à travers son application téléchargeable sur Play Store (Sans publicité). Adinkra compte à ce jour une centaine de publications, nous révèle Arielle Sape son responsable commerciale.

Les livres numériques sont publiés en Français et en Anglais. Il existe également des versions audio de certains livres, tout comme il en existe aussi en version papier. Évidemment l’abonnement n’est pas gratuit, parce que la maison d’éditions doit vivre. Selon Arielle Sape, il existe plusieurs formes d’abonnements :

  • L’abonnement annuelle,
  • Celle trimestrielle,
  • Et différents autres types de  forfaits.

Les taux ne sont pas très élevés selon elle. Puisqu’il existe plusieurs types de forfaits, chacun y va selon sa bourse. Nous avons par exemple un forfait de 12500 F CFA qui donne accès à toute la bibliothèque en ligne. Ces livres existent aussi en version papier . Et pour les avoir, il faut visiter la librairie des peuples noirs (Sans publicité) ici à Yaoundé et les librairies Clés Équinoxe de Yaoundé et Douala.

Après avoir fait ce tour, nous avons retenus une chose :

« nous pouvons faire de nos enfants des férus de lecture. »

Et cela fera d’eux des personnes très éclairées de demain.


« Il faut parler de littérature panafricaine », selon l’écrivain Eugène Edodé

L’Institut Goethe Kamerun a organisé du 16 au 19 Février 2023 une série de réflexions dédiées à la littérature africaine. Les acteurs du livre sont venus de plusieurs pays d’Afrique pour s’y retrouver, dont l’écrivain Eugène Edodé, qui a donné des pistes pour redonner de l’importance à la littérature sur le continent.

Des éditeurs, écrivains et illustrateurs sont venus de plusieurs pays pour célébrer la littérature africaine. Ils ont non seulement parlé des œuvres littéraires africaines, mais ont aussi présenté une sélection de livres africains.

Car, selon certains, cette littérature n’est pas suffisamment mise en exergue. Il faut donner de la visibilité aux auteurs africains, qui peine encore à s’éditer sur le continent et à faire contrepoids à l’offre de livres en provenance d’Europe. Parmi les invités de marque était présent l’écrivain Eugène Ebodé, écrivain et actuellement administrateur de la Chaire des Littératures et des Arts Africains à l’Académie du Royaume du Maroc. Ce panafricaniste convaincu a abreuvé les amateurs de littérature de l’Institut Goethe de Yaoundé le 18 Février 2023.

Eugène Ebodé à l’institut Goethe Kamerun.
Crédit : Adelaïde Fouebou

Mettre sur pied de grandes maisons d’édition

Pour faire face aux défis qui touchent la littérature africaine, l’écrivain Eugène Ebodé a insisté sur la collaboration africaine. Selon lui, « Les Afriques, qu’elles soient blanches ou noires, qu’elles soient du Nord ou Subsahariennes, peuvent engager des coopérations entre elles. » Il ajoute que les livres africains doivent être traduits en plusieurs langues, pour qu’ils soient accessibles sur tout le continent : « La langue ne doit pas les séparer, elle doit être une force et non une faiblesse. »

Pour Eugène Ebodé, c’est une interpellation. Il poursuit : « Les acteurs du livre doivent se mettre au travail. Ils doivent mettre sur pied de grandes maisons d’édition répondant à ces nouvelles normes.« 

On comprend donc par-là que ces acteurs doivent être formés, afin que la chaîne de production du livre soit efficace à tous les niveaux, dans tous les pays Africains.

Pour lui, l’importance de la littérature africaine est colossale. « Les colloques et séminaires adressés aux enseignants chercheurs doivent être organisés. Il est important en parlant de littérature, de parler de littérature panafricaine« , il rappelle. « L’Afrique c’est 54 pays, c’est aussi la moitié des langues du monde !« 

Photo de famille !
Crédit ; Adelaïde Fouebou

La pensée n’est pas réservée à un seul peuple

L’écrivain fait partie de ceux qui savent que la pensée n’est pas réservé à un seul peuple. Citant Fela Ramsom Kuti, Eugène Ebodé souligne que chaque peuple, chaque pays, chaque continent a ses propres problèmes. L’Afrique a les siens, notamment ses problèmes dans sa chaîne de production littéraire. Il faut y remédier.

À lire aussi : Littérature africaine, ces auteurs qui se font remarquer

Comme il le dit si bien, « les problèmes de l’Afrique sont nos problèmes, nous allons ensemble les régler. » Il continue en précisant que les problèmes liés à la littérature ont besoin des éditeurs évidemment, mais aussi des diffuseurs, des écrivains et des lecteurs.

Et tout cet ensemble qui forme la chaîne du livre est invité à l’Académie du Royaume du Maroc, rappelle-t-il.

L’écrivain Eugène Ebodé et quelques éditeurs Africains.
Crédit : Adelaïde Fouebou

Un soft power

L’horizon à l’Académie du Royaume du Maroc, précise-t-il, est que la diplomatie culturelle qu’on appelle le soft power soit une diplomatie exercée par chaque acteur. Pour cela, il faut faire en sorte que les acteurs du livre puissent s’asseoir sur une même table, pour une bonne négociation. Ainsi, les éditeurs, les écrivains, les créateurs pourront circuler librement. Tout cela passe bien entendu aussi par l’organisation des séminaires de formation, et colloques. L’Académie du Royaume s’y est déjà engagée.

À lire aussi : La lecture, véritable passion chez les africains

Le premier colloque a eu pour thème « le plagiat », qui n’est plus perçu comme dans les années 70. Il est aujourd’hui condamné, alors que l’intertextualité est tolérée. Tandis que le plagiat consiste à copier indûment le ou les passages d’une œuvre, l’intertextualité est la perception, par le lecteur, des rapports entre une œuvre et d’autres qui l’on précédée ou suivie. En conclusion, certains emprunts peuvent être tolérés de nos jours, mais pas des copies intégrales.

Ensuite, alors que le deuxième colloque était axé sur la famille, le troisième présentait les inventions des écritures et l’état narratif des langues Africaines. Le quatrième, a-t-il annoncé, aura lieu au mois de mars prochain.

Rendre son importance à la littérature africaine

Toutes ces initiatives autour de la littérature Africaine ont un but : rendre son importance à la littérature africaine. Pour cela, les Africains doivent savoir quelles sont leurs figures sacrées. Naturellement, si l’on veut mieux avancer, il faudrait connaître les auteurs du passé.

Il est également clair que l’édition en Afrique ne concerne pas seulement les éditeurs. Pour avoir des livres de qualité, tous les acteurs de la chaîne du livre doivent se mettre ensemble. Par ailleurs, il faut aussi briser les barrières linguistiques et produire des livres qui seront traduits en plusieurs langues. Souhaitons bon vent à la littérature Africaine.


Football : Qatar 2022, quelle sera la surprise ?

La coupe du monde de football est la plus grande compétition organisé par la FIFA. Elle se joue tous les quatre ans. Cette grande compétition se joue cette année au Qatar du 20 Novembre au 18 Décembre 2022. Les amateurs du football ont souvent été témoins des surprises pendant des grandes compétitions. C’est une vérité, on a quelques fois vu, lors des grandes tournois, des équipes moins favorites, se faire très bien remarquer. Qu’en sera-t-il au Qatar 2022?

Un constat dans le football

L’histoire nous l’apprend, ce ne sont donc pas toujours des équipes ayant le plus de super stars qui finissent par soulever le trophée convoité. Quelques fois, les équipes jugées moins favorites vont bien loin dans la compétition. Et, même si elles ne parviennent pas en finale, elles réussissent au moins à obtenir des places honorables. Alors, on est aujourd’hui en droit de se poser la question : « Y aurait-il une surprise cette année au Qatar, si oui, quelle est l’équipe qui soulèvera les foules ?

Cameroun-Argentine en 1990 en Italie : But légendaire de François Omam Biyik lors du match d’ouverture du mondial 90. (Crédit photo: wikimédia commons)

L’histoire nous parle

Au regard de l’évolution du football, aucune équipe n’est véritablement invincible. Car, on l’a souvent constaté, les équipes dites favorites rencontrent souvent des outsiders très bien préparées, n’hésitant pas à les affronter courageusement. Elles ne s’arrêtent devant aucune équipe dite grande. Même les tenants du titre ne leurs font pas peur. On se souvient encore du mondial Italien, en 1990 :

Lors du match d’ouverture, l’Argentine, s’inclinait devant le Cameroun. Le Camerounais François Omam Biyik avait marqué un but légendaire, crevant ainsi les filets de Pumpido, le gardien argentin à la soixante septième minute. C’était le 8 juin 1990 au Stadio Giuseppe de Milan en Italie devant plus de Soixante-treize mille spectateurs. Le score d’un but à zéro resta inchangé.  Le Cameroun avait donc ainsi créé la surprise pendant ce mondial.  Et, ce ne fut pas tout !

La suite, on la connait, ce même Cameroun, grâce à ses joueurs talentueux et déterminés, ont pratiquement été à deux doigts des demi-finales.

Une place honorable

L’équipe du Cameroun sort cette année-là de la compétions en quart de final, tombant face à l’Angleterre de Terry Butcher. Et ce, après avoir mené deux but à un vers la soixante cinquième minute, grâce à un but de Eugène Ekéké. Jamais une équipe Camerounaise n’avait jusque là atteint ce dans une coupe du monde.

Le premier but Camerounais ayant été marqué vers la soixante unième, par Emmanuel Kundé. Et, n’oublions pas le rôle capital joué par Albert Roger Milla, le vieux lion comme on l’appelle habituellement au Cameroun. Il a marqué quatre but, des doublés, notamment lors des matchs Cameroun-Roumanie, et Cameroun-Colombie. Il a aussi été l’auteur des passes décisives.

Beaucoup ne vendaient certainement chère la peau du vieux lion à cette époque, l’homme de trente-huit ans étant pratiquement en fin de carrière. Remarquons aussi que les surprises ne sont pas toujours des équipes africaines, mais aussi des équipes d’autres continents.

Surprise dans une compétition européenne.

Il faut dire que le début des années 1990 a été riche en émotions et en surprises aussi bien dans les compétions mondiales que continentales. En 1992, le Danemark, créé la surprise lors du championnat d’Europe. Une équipe du Danemark, qui était à cette époque à sa quatrième participation, et ne faisait aucunement partie des équipes favorites. Elle a pourtant émerveillé les amateurs du ballon rond.

Les Danois de plus en plus présents dans de grands rendez-vous de football. Ici, Christian Keller sur une pelouse européenne. On voudrait bien connaitre la performance de ce pays au Qatar 2022(Crédit photo : wikimédia commons)

Initialement, nous dit l’histoire, le Danemark ne devait pas participer à l’Euro.

Et pourquoi ? 

Du fait qu’en terminant deuxième de son groupe qualificatif derrière la Yougoslavie, il était éliminé. Mais, peu avant le début du tournoi, la Yougoslavie est disqualifiée pour la phase finale.

Le motif de cette disqualification ?

Son implication dans les guerres de Yougoslavie. C’est alors que le Danemark est repêché pour prendre la place vacante au pied levé, Wikipédia nous le rappelle très bien.

La grosse surprise

Spectateurs et téléspectateurs, supporters étaient tous étonnés par cette performance inhabituelle. Les Danish Boys avaient ainsi crevé l’écran. En demi-finale, ils écartent les Pays-Bas de Van Basten, tenant du titre aux tirs aux buts : 5-4, après un match nul de deux buts à deux.

La suite, on la connait. Le Danemark s’impose en final, face à une Allemagne championne du monde, et portée par le légendaire Franz Beckenbauer. Malgré tous ses efforts, l’attaquant allemand Klinsmann n’avait pas pu crever les buts du gardien Danois. Le score est resté gravé dans les mémoires : Allemagne 0, Danemark 2. C’était le 26 juin 1992, au stade Ullevi de Göteborg en Suède. Buts signés Jensen à la dix-huitième minute, et Vilfort à la soixante dix-huitième minute :

« Le Roi Pelé, assit tout à côté de Beckenbauer a été témoin de la scène ce jour-là ». Tous les représentants des grandes instances du football étaient présents à savoir la FIFA, l’EUFA et autres. Tous émerveillés par la performance du Danemark. Le Qatar 2022 leurs réserve a-t-il également une telle surprise? Seul l’avenir nous le dira.


Afropolitain Nomade, un concept rassembleur

Le mot festival ne sonnera plus jamais dans les oreilles des populations africaines, comme un concept abstrait ou imaginaire. L’Afrique s’impose petit à petit dans le monde de la culture, par un concept rassembleur. La preuve, les belles prestations des artistes qui ont tour à tour défiler sur le podium du festival Afropolitain Nomade à Douala, devant un public venu de plusieurs horizons.

Un public venu de tous les horizons du globe. (Crédit : Adelaïde Fouebou)

La musique au delà des frontières

Les artistes africains sont talentueux, certains d’entre eux vont au-delà de la production des œuvres, et prennent des initiatives à saluer. C’est le cas de Vanessa Kanga, chanteuse d’origine camerounaise vivant au Canada. Elle est l’initiatrice du festival Afropolitain Nomade dont la dernière édition a eu lieu les 24 et 25 juin à Douala. Il s’agit d’un festival qui promeut la musique africaine.

Et, comme une caravane, le festival dépose ses valises dans différents pays d’Afrique, conviant ainsi les autres Africains, et même les non Africains, à adhérer au concept. Et tout cela, pour le bien des mélomanes, eux aussi venus de divers horizons du globe.

Camille Deloche, échangeant avec une artiste canadienne. ( Crédit photo : Adelaïde Fouebou

Les particularités du festivals Afropolitain nomade

L’une des particularités de cette huitième édition, dix ans après que Vanessa Kanga ait lancé cette initiative, c’est le fait que le festival se tienne pour la seconde fois dans une même ville, celle de Douala. Cette dernière avait déjà accueilli la toute première édition en 2012.

Un autre fait marquant est le le gros plan fait sur la musique traditionnelle.

Les amateurs de musique et de dance venus par milliers, ont eu de la chance. La chance de voir de près ces artistes vêtus des tenues conçues par des artisans, et laissant paraître leur corps souple, admirablement galbé. Des jeunes hommes et femmes se trémoussaient avec une aisance remarquable, au rythme des sons des tam-tams et tambours.

Plusieurs artistes sont passés sur le podium, dans une programmation à féliciter. La chanteuse Pie d’Or a valablement représenté le Congo, et, les amateurs de break dance ont montré leurs talents, mais ce n’était pas tout !

La promotion de la musique traditionnelle. ( Credit: Adelaïde Fouebou)

Les artistes venus de loin

Ils étaient aussi nombreux, ces artistes venus de très loin. Andreane Martha, chanteuse canadienne travaillait déjà avec des artistes africains avant d’arriver au Cameroun. Elle nous l’a confié, après avoir travaillé avec la Camerounais Gaëlle Wendjé, chanteuse bien connue, et le Congolais Fredy Massamba.

Pour elle, Afropolitain Nomade est une très belle initiative, qui permet aux artistes des tous les horizons d’échanger avec simplicité et sincérité.

Une autre pépite a retenu notre attention pendant ce festival. Il s’agit du groupe d’artistes haïtiens, nommé Collectif Weekend, et constitué de chanteurs, musiciens et peintres.

Il est important le dire, l’art visuel a aussi été au rendez-vous. C’est dire à quel point Vanessa Kanga a fourni un travail de fourmi en allant dénicher les perles scintillantes de tous les coins du globe.

Collectif Weekend, un groupe venu du Canada, constitué d’artistes d’origine Haïtienne. ( Crédit: Adelaïde Fouebou)

Afropolitain Nomade, ce concept qui rassemble

Afropolitain Nomade aujourd’hui, c’est un concept véritablement rassembleur. Car, autant les artistes sont venus de divers horizon, autant les mélomanes sont arrivés de tous les coins et recoins du globe. Et tout la monde a pris son plaisir. Le spectacle a été riche et varié. La présence de cette foule nombreuse, les 24 et 25 à Bonamoussadi, village du festival l’a démontré à souhait.

Douala, comme beaucoup de villes africaines, et d’autres à travers le monde, est cosmopolite. Elle abrite aussi de nombreux afropolitains. Nous le savons désormais. L’afropolitanisme, ce mot de plus en plus utilisés par les intellectuels, gagne du terrain. L’écrivain Achille Mbembe, Camerounais vivant en Afrique du Sud en parle avec minutie, dans une édition du journal Le Monde Afrique.

Et on se pose aujourd’hui la question, dans quelle ville Afropolitain Nomade nous mènera-t-il l’année prochaine ?

Nous mènera-t-il en Afrique du Sud, applaudir les danseurs zoulous et rencontrer par la même occasion d’autres afropolitains ? Le festival nous entrainera-t-il fredonner le Raï dans le Magreb ou nous portera-t-il vers les Caraïbes, chanter au bord de la mer, et boire le jus de noix de coco ?

Seul l’avenir nous le dira.

Remercions Vanessa Kanga, pour son initiative généreuse et géniale. Nous n’oublierons pas de remercier aussi Mondoblog RFI.

Nous avons partagé de fabuleux moments.

A la prochaine occasion.


Douala sous les projecteurs : pour la deuxième fois, Afropolitain nomade y dépose ses valises

Cette année, le festival Afropolitain Nomade se tiendra à Douala, au Cameroun. Du 24 au 25 juin 2022, la ville sera sous les projecteurs. Pendant cette période, Douala accueillera des artistes venus de nombreux pays à travers le monde. C’est la deuxième fois depuis sa création que Douala accueille cet évènement.

Le festival Afropolitain Nomade se déroulera du 24 au 25 juin 2022 à Douala. Crédit : Festival Afropolitain Nomade

Naissance du Festival Afropolitain Nomade

Le festival Afropolitain Nomade est une initiative de Vanessa Kanga alias Veeby, chanteuse d’origine camerounaise, vivant au Canada.

En 2012, la toute première édition se tint à Douala. Ce fut là le début d’un parcours admirable. Trois ans plus tard, en 2015, Afropolitain Nomade était au Gabon. Puis ce fut le tour de Cotonou, au Bénin, d’abriter le festival. En 2017, Afropolitain Nomade dépose ses valises à Pointe noire au Congo, avant de faire sonner sa cloche à Dakar au Sénégal, laquelle cloche retentit par la suite en Côte d’Ivoire, en 2019.

Le festival digital

L’édition 2021, la septième, s’est tenue à Kigali au Rwanda et fut bien particulière !

A cause de la crise sanitaire coronavirus, Afropolitain Nomade dû se réinventer. Le festival fut essentiellement digital : plus de cinquante artistes furent mis en avant, à travers YouTube et Facebook. Des artistes vivant en Afrique évidemment, et d’autres venant de d’autres continents.

Afropolitain marque ses pas

Le festival Afropolitain Nomade fait son chemin, et, tout comme le Festival Nuits d’Afrique au Canada ou le festival international de musique de Colmar et bien d’autres encore… Année après année, Afropolitain rentre doucement dans la légende. Avec Afropolitain c’est l’Afrique qui gagne, car la musique africaine y est particulièrement mise en avant !

Credit : Wikimédia Commons

Douala ville culturelle

Douala, capitale économique du Cameroun est aussi une ville culturelle. Plusieurs grands chanteurs et musiciens y ont vécu, et continuent d’y vivre.

On ne se lassera pas d’écouter Grâce Decca ou Ben Decca, ni Ekambi Brillant ou encore Dina Bell. Et, on se souviendra longtemps que c’est aussi la ville d’Henri Dikongué, Sam Mbede. On sait aussi que cette ville est de temps en temps bercée par la musique langoureuse de Richard Bona.

Évidemment, on se souviendra longtemps que le grand Manu Dibango y a vécu.

On sait encore que Douala est une ville cosmopolite, qu’on n’y écoute le Makossa mais pas que…On y écoute aussi le Ben skin, le Manganbeu, le Bikutsi…

Les découvertes

Le festival Afropolitain Nomade donnera l’occasion aux habitants de Douala d’écouter davantage la musique. Leurs fines oreilles seront aussi cajolées par des sonorités nouvelles, des sonorités venues d’ailleurs.

On aura certes, de nombreux artistes Camerounais  : Tizeu, Drums Bantou, Stéphane Akam entre autres, mais on aura aussi ceux venus d’ailleurs. Ils viendront de Madagascar, de Côte d’Ivoire, du Congo, de Belgique et du Canada.

La fête sera belle. Ce sera un grand buffet où chacun, selon ses convenances, piquera ce qui lui convient, afin d’en apprécier la quintessence.

A très bientôt.


George Weah, un footballeur au parcours exceptionnel

Le parcours de cet homme n’est pas celui de tout le monde. George Weah, de son vrai nom George Tawlon Manneh Oppong Ousman Weah, est né le premier Octobre 1966 à Monrovia au Libéria.

Voici un footballeur au parcours exceptionnel. Cet homme, né dans une famille pauvre, et a été élevé à la dure par sa grand-mère dans un bidonville de Monrovia.

Mais cela n’a pas empêché George Weah de devenir grand. Et il deviendra véritablement grand, pas seulement grand de par sa taille ( il mesure 1,84 m). Il deviendra un grand footballeur international, et saura se frayer un très grand chemin en politique.

George Weah et Fabio Cannavaro, le 19 novembre 1995, Parma vs Milan. (Crédit : Wikimedia Commons/Allsport Getty images)

Le parcours d’un footballeur exceptionnel

C’est en 1985 que George Weah commence sa carrière. Il n’a alors que 19 ans, et est sociétaire de Mighty Barrolle, un club de son pays le Liberia. Un an plus tard, toujours au Liberia, il rejoint l’Invincible Eleven. En 1987, il sera sociétaire du Tonnerre de Yaoundé, au Cameroun.

C’est là qu’il va véritable décoller, par le travers de Claude le Roy, alors entraîneur de l’équipe nationale du Cameroun. L’entraîneur le met en contact avec L’AS Monaco, Weah est alors âgé de 22 ans. Et là, Weah commence véritablement à éblouir.

Le champion du Cameroun avec le Tonnerre en 1988, il sera vainqueur de la Coupe de France avec l’AS Monaco en 1991, puis avec le Paris Saint Germain (PSG) en 1995. Il est champion de France en 1994 toujours avec le PSG, et vainqueur de la coupe de la ligue en 1995. Et ce n’est pas tout. Il aura soulevé des trophées, il aura aussi été plusieurs fois finaliste.

Finaliste de la coupe de France en 1989 avec l’AS Monaco, finaliste de la coupe des vainqueurs de coupe en 1992 avec ce même club. Son aventure ne s’est pas arrêté en France. Il ira encore plus loin.

Weah Ballon d’or

En 1995, Weah est en pleine forme et rejoint le Milan AC d’Italie. Et c’est dans ce club qu’il remporte le Ballon d’or Européen, l’un des titres les plus convoités en Europe. Il est l’unique joueur Africain à avoir remporté ce titre à ce jour. George Weah est par la suite champion d’Italie, toujours avec le Milan AC, en 1996 et en 1999.

Son étoile continue de briller, et en 2000, il est vainqueur de la FA coupe avec le FC Chelsea en Angleterre. On le verra par la suite à l’Olympique de Marseille, et il finira sa course dans le Al-Jazira, un club des Emirats Arabes Unis en 2003. Il y aura alors passé deux ans.

Notons aussi que George Weah est élu Ballon d’or Africain en 1989, 1994 et 1995. Et, que la BBC lui a octroyé le titre de footballeur Africain de l’année, toujours en 1995. Il a 61 sélections avec l’équipe nationale de son pays le Liberia, et marqué 22 buts.

Ce sera presque tout pour le football. Mais il continuera de briller d’une autre manière. Weah deviendra quelques années plus tard président de la République du Liberia.

Le président George Weah du Liberia et le Président Reuven Rivlin d’Israël. Le Président Weah était alors en visite en Israël. C’était le 28 Février 2019. Source: Wikimedia Commons, image de Amos Ben Gershom.

Parcours Politique de George Weah

Après le football, Weah se reconverti en politique. Le 28 Décembre 2014, il est élu sénateur de Monrovia avec 78% des voix en devançant robert Sirleaf, le fils de la Présidente Ellen Johnson Sirleaf.

En 2017, il se présente aux élections présidentielles du 10 Octobre et est élu Président de la république du Libéria. C’est un homme au grand cœur qui a investi une partie de sa fortune dans des programmes d’aide aux populations pauvres, aux malades et aussi dans l’éducation.

Sacré Weah, nous te souhaitons bonne continuation dans les œuvres humanitaires.