Lekeufack Kamaha Lorena élue Miss Littérature Cameroun
L’Afrique célèbre l’intelligence en proposant un nouveau concept dans l’univers des Miss. Elle invite à apprécier la beauté sous un autre prisme. Il ne suffira plus désormais de mesurer 1,80 m, d’être svelte, pour se voir acclamer du grand public. Le concours Miss Littérature Afrique a d’autres critères : on y célèbre la beauté intellectuelle. Cela permet de dénicher des perles rares, dans toutes les sphères de la société, et de donner à tous les profils, la chance d’exprimer un talent notoire.

Miss littérature Afrique, critères et sélection
Le concours Miss Littérature Afrique a été créé en 2016 au Benin, par la journaliste, auteure et éditrice Carmen Fifamè Toudonou. Il est organisé tous les deux ans, et s’adressent aux lycéennes et étudiantes des pays d’Afrique Francophone. Elles doivent être âgées entre de 18 à 24 ans pour concourir. Et ne n’est pas tout ! Il faut aimer la littérature car, Carmen Toudonou le dit elle-même : « Le but est de promouvoir l’excellence et de susciter le plus d’intérêt de la jeune fille pour le livre, instrument par essence de la culture et de la formation rigoureuse. »
Elle continue en disant : « On ne prend pas en compte le critère physique, on met surtout en valeur l’intelligence, l’intellect des jeunes filles. » Les jeunes filles doivent donc s’intéresser à la lecture, et avoir des projets dans ce sens. Elles sont désormais nombreuses à concourir. Pour cette édition 2024-2025 nous avons en liste douze pays : Benin, Burkina-Fasso, Cameroun, Congo, Côte d’Ivoire, Gabon, Guinée, Mali, Niger, Sénégal, Tchad, Togo.
« La première phase se déroule dans chaque pays, nous a confié Fernando Deumaga, l’un des membres du comité d’organisation de Miss Littérature Cameroun. Et la seconde phase, celle-là qui réunira les représentantes des douze pays a-t-il continué, aura lieu dans quelques mois, à Cotonou au Benin. » Alors, depuis le 5 avril, nous connaissons celle qui représentera le Cameroun dans cette merveilleuse aventure. Il s’agit de Lekeufack Kamaha Lorena Nolwen, 18 ans, étudiante en journaliste dans un institut universitaire de Douala.

Ambitions et engagements
Le 5 avril 2025 à Yaoundé, là-bas, dans les locaux du CLAC (Centre de Lecture et d’Animation Culturelle), la beauté intellectuelle a effectivement été célébrée. Des cinq candidates en liste, trois sont montées sur le podium. Cela semble être une évidence, il n’y avait pas plus de place que ça sur l’estrade. Mais il faut dire que les deux autres n’ont pas démérité. Parce que dans leurs propos liminaires, on a souligné des ambitions et engagements notoires.
Wayoum Nkansa Rose, 20 ans, venant de Bafoussam et étudiante en journalisme nous l’a dit : « Mon ambition est d’explorer les univers littéraires et d’utiliser l’écriture pour exprimer les idées et les émotions. » Pour elle, la tradition ne doit pas être un obstacle à l’évolution la jeune fille.
Quant à Stephy Coline Youma, élève en classe de terminale au lycée bilingue de Lonako à Nkongsamba, ses déclarations sont aussi impressionnantes : « Je rêve d’un monde où les jeunes s’intéressent à la littérature, et ne sont pas accros au téléphone portable. Il serait intéressant d’offrir des livres aux jeunes, afin de les accompagner dans leurs projets … » Les découvertes ont été grandes cet après-midi-là, aucune de ces jeunes filles n’ayant laissé le public indifférent.

Découvertes et acclamations de jeunes filles engagées
Toutes les candidates ont reçu des acclamations et encouragements du public durant cette élection Miss Littérature 2024-2025 au Cameroun. Parce que toutes ont fait preuve d’intelligence. C’est ainsi que la deuxième Dauphine, Monjap Fifen Laeticia a déclaré d’entrée de jeu : « Que serait l’Homme sans le pouvoir des mots ? » La réponse n’a été qu’un tonnerre d’applaudissements.
C’est une jeune fille très engagée qui s’est exprimée devant une assistance très captivée. Elle a 21 ans, est étudiante en langue, littérature et civilisation Ibérique, à l’Université de Yaoundé I. Elle a des idées originales à savoir, offrir des livres aux tous petits et surtout, créer de bibliothèques dans des salons de coiffure, afin que les femmes puissent discuter le temps d’une coiffure, autour des livres.
La première dauphine quant à elle, veut réécrire l’histoire, à sa manière. Il s’agit de la jeune Ndazo’o Bella Marie Chanelle, 19 ans. Elle est étudiante en 4e année de Génie Télécommunication à l’Ecole Supérieure Polytechnique de Yaoundé. ELle rêve d’un monde où l’art et la science dansent ensemble, suivant la même cadence. Elle aimerait donc de ce fait, étendre la sphère littéraire de la jeune fille en général, et la jeune fille scientifique en particulier. Selon elle, on peut être dans la science et être un(e) bon(ne) lecteur (trice), avoir une belle plume et un beau regard critique. Le temps est très vite passé, et l’heure du couronnement est arrivée.

Le couronnement
Aucune de toute ces prétendantes à la couronne de Miss Littérature Cameroun 2024-2425 n’a véritablement démérité. Mais il fallait une gagnante. Et c’est Lekeufack Kamaha Lorena Nolwen qui a su se démarquer. C’est cette jeune fille de 18 ans, étudiante dans un Institut Universitaire dans la ville de Douala qui représentera le Cameroun dans quelques mois à Cotonou au Benin.
Sa petite avance a surement compté dans ce couronnement. Car, elle est déjà dans l’action. Elle offre les livres dans son entourage, aux tous petits de son quartier pendant les fêtes de Noël. Elle en offre, à ces jeunes qui ne connaissent pas les bibliothèques, les centres culturels, à ceux-là qui n’ont pas de moyens de s’abonner dans des espaces de culture. Et ce n’est pas tout !
Lekeufack Kamaha Lorene Nolwen fait partie des douze lauréats du Prix du Jeune Ecrivain Francophone 2025. C’est à quel point elle est déjà présente dans le monde littéraire. Sera-t-elle à nouveau couronnée à Cotonou ? Dieu seul le sait. Mais quelle que soit l’issue, c’est l’Afrique qui aura gagné. Car le concept Miss Littérature Afrique est un concept novateur très fort qui mérite des encouragements.
Bravo à toutes les Miss Littérature Afrique.